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Les deux voyageurs

Jean-Pierre Claris de Florian

Le compère Thomas et son ami Lubin
Allaient à pied tous les deux à la ville prochaine.
Thomas trouve sur son chemin
Une bourse de louis pleine.
Il l’emporte aussitôt, Lubin d’un air content
Lui dit : Pour nous la bonne aubaine !
Non, répond Thomas, froidement,
Pour nous n’est pas bien dit, pour moi c’est différent.
Lubin ne souffle plus : mais en quittant la plaine,
Ils trouvent des voleurs cachés au bois voisin.
Thomas tremblant et non sans cause,
Dit : Nous sommes perdus !
Non, lui répond Lubin, Nous n’est pas le vrai mot, mais toi c’est autre chose.
Cela dit, il s’échappe, Thomas est bientôt pris :

Qui ne songe qu’à soi dans la fortune,
Dans le malheur n’a point d’amis.


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